méthodologie du commentaire philosophique

OVONO BEH Mauclair, Professeur de philosophie à l’Immaculée Conception de Libreville GABON

 

 

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Méthodologie du commentaire de texte en philosophie

Présentation

La méthodologie du texte philosophique comprend quatre moments : l’introduction, l’étude ordonnée, l’intérêt philosophique et la conclusion.

I/- L’introduction

Elle comporte au moins cinq moments :

·        Le thème : c’est le concept clé du texte. C’est le concept sur lequel porte le texte en général. Pour identifier facilement le thème, on recherche le mot qui revient à chaque fois. Le thème peut aussi se résumer autour du groupe de mots ; bref, le thème d’un texte est soit un mot ou un groupe de mots. Exemple : la conscience ; la nature humaine.

·        Le problème : c’est la question à laquelle répond l’auteur. En fait, c’est la question fondamentale du texte. C’est elle qui nous permet de tirer la thèse de l’auteur.

·        la thèse : c’est la position de l’auteur face au problème posé par le texte ; autrement dit, c’est l’idée centrale que soutient l’auteur.

·        La structure du texte : elle renvoie au découpage du texte. Il s’agit là d’identifier ces différents moments constitutifs. Un bon découpage doit donc respecter la procédure suivante :

-          Identification du moment du texte

-          Et l’idée qui le sous-tend

·        La problématique : c’est une question qui introduit implicitement la nuance que nous apportons à la thèse de l’auteur (c’est une question qui nuance implicitement la thèse de l’auteur).

·        Annonce du plan : il s’agit de dire clairement la procédure que nous suivrons pour résoudre le problème posé par le texte.

II/- L’étude ordonnée

Il s’agit ici d’expliquer respectivement l’idée qui sous-tend chaque moment du texte. Cela doit se faire selon la procédure suivante :

-          Idée : la position qu’adopte l’auteur dans le moment d’analyse choisi. Précisons que les idées doivent être exposées selon l’ordre autorisé par le texte lui-même. 

-          Explication de l’idée : c’est l’explication de l’idée que nous avons posée.

 

-          Exemple : indiquer les termes forts qu’utilise l’auteur pour donner sens à son analyse ; il s’agit de prouver la portée des termes qu’il utilise pour renforcer sa position.

La transition : exposition claire et brève de la thèse de l’auteur, et l’introduction d’une question qui implique la nuance. L’une des formule utilisée est : certes…mais…..

III/- l’intérêt philosophique

Celui-ci comporte deux grands moments :

·        Les mérites de la pensée de l’auteur : il s’agit de montrer ce que la thèse développée par l’auteur nous apporte de nouveau ; c’est-à-dire, ce qu’on gagne après l’avoir lu. montrer les mérites de la pensée d’un auteur revient donc à approfondir la thèse qu’il défend. C’es-à-dire : montrer d’abord ce que son texte ajoute à la connaissance, la morale, ou à la vie sociale. Ensuite, il faut  voir comment les autres philosophes se sont prononcés sur la même thèse ; voir les penseurs qui défendent à peu près la même thèse que l’auteur du texte. Bref, les mérites se font de la manière suivant :

-          Montrer ce que disaient les autres avant notamment sur le concept que développe l’auteur

-          Ce que l’auteur apporte de nouveau, et ce qu’on gagne.

-          Un auteur qui va dans le même sens

Transition : elle consiste à introduire la question nuance

·        La nuance (ce qu’on appel vulgairement l’antithèse) : il s’agit de voir dans quelle mesure la thèse l’auteur peut comporter des limites. Elle se fait suivant la procédure suivante :

1-    L’idée : c’est la thèse que nous soutenons ; il s’agit d’une exposition claire du premier présupposé. Ce moment se fait en deux phrases au maximum.

 

2-    L’argument : c’est un sous point qui permet de justifier une idée. Retenons que : l’argument est une phrase qui comporte toujours un mot ou un groupe de mots, permettant de justifier l’idée que nous avons posée en début de paragraphe.

 

3-    L’explication : il s’agit là de l’explication de l’argument. Expliquer c’est justifier, soutenir notre point de vue. Pour être plus simple je dirais même que expliquer c’est se défendre (défendre son point de vue). C’est à ce niveau qu’on mesure le niveau d’expression de l’élève, c’est-à-dire, sa capacité à justifier clairement ses affirmations. Prenons un exemple : en posant l’idée selon laquelle les passions sont dangereuses, on s’attend à ce que l’explication de l’idée soit précédée des questions suivantes :

-         Qu’est-ce que la passion ?(X)

-         Que signifie être dangereux ?(Y)

-         Dans quelle mesure la passion peut-elle être nuisible ?(X→Y) (il s’agit là d’établir le lien entre la passion et le nocif). Et c’est sur ce dernier point que l’élève doit s’étendre. après avoir clarifié en quelques mots, le mot clé de l’argument, l’élève doit être en mesure d’expliquer leur lien. C’est-dire expliquer convenablement le lien entre l’acte passionnel et le nocif ; c’est-à-dire montre en quoi les passions sont-elles nocives pour l’homme. Une bonne explication doit obéir à cette équation mathématique :

-         Qu’est-ce que X ?

-         Qu’est-ce que Y ?

-         En quoi X→Y

Nb : les deux premières questions doivent être traitées en quelques lignes puisqu’il ne s’agit là que d’une clarification des termes. Mais, c’est dans la troisième question que l’élève doit

 

4-    L’exemple : Emmanuel Kant affirmait déjà que «L’exemple est la béquille de la pensée » ; car, c’est celui-ci qui nous permet de rendre notre argumentation plus perceptible, et plus concrète. Un cas particulier, social, politique, scientifique, morale, éthique, une citation, et la traduction de la pensée d’un auteur au discours direct ou indirect, sont là, les différentes manières d’illustrer notre explication. De plus, en donnant un exemple, on doit être en mesure de le justifier en une phrase. Les expressions les courantes pour introduire un exemple sont : ‘’C’est dans ce sens que…’’. ‘’En affirmant que…, l’auteur veut traduire …’’.  ‘’… par exemple, … ‘’. ‘’Donnons raison à X qui pense que…’’.  ‘’C’est dans cette optique que X  parlera de…, ceci, pour exprimer…’’.

IV/- La conclusion

Elle se fait en deux moments :

·        Le bilan : dire clairement la thèse de l’auteur et ses limites concomitantes

·        La prise de position : dire clairement l’idée que nous partageons.

Published in:Uncategorized |on avril 15th, 2011 |

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